Chers amis,
… Y-a-t-il un après Camino ? On est toujours un peu dedans… pour toujours - quand on a mis le pied sur ce chemin là.
Je pense que vous vous souvenez de moi (quelle prétention !)… On s’est rencontré la première fois en votre superbe gîte de Corbigny avec Jacques, le vénérable hospitalier de service, et puis on s’est retrouvé quelque part sur la route du Château de Villars et j’étais à Sorges (vous me l’aviez recommandé) avec Gaby, quand vous avez téléphoné de Santiago !
"Depuis mon retour, je tenais à vous adresser quelques mots de remerciements et de compliments pour l’énorme travail accompli pour promouvoir et organiser la voie de Vézelay. Vous les transmettrez à tous les acteurs de cette chaîne. J’ai eu plaisir de retrouver certains visages sur votre site internet.
Je tiens aussi à rajouter une louche à ceux qui se sont exprimés sur votre site.
Je ne sais pas s’il y a des pèlerins mécontents mais, ayant fait celles de Puy et de Tours, je peux vous affirmer que sur la Voie de Vézelay tous les ingrédients sont réunis et que les gens qui s’y dévouent son bien dans l’esprit de ce que doit être (et rester) le chemin de Compostelle.
… LONGUE VIE AU CAMINO ET A LA VOIE DE VEZELAY
On peut écrire un livre à chaque Camino. Voilà donc quelques impressions et anecdotes, diverses, que je tenais à vous confier, témoignages de quelqu’un qui essaie d’être « Pèlerin » à sa manière, sachant que rien ne le prédispose à cela ! Prenez-moi comme je suis, je vous prendrai comme vous êtes !
Acceptez ces quelques observations, qui n’engagent que moi, et soyez certains que, comme je vous l’ai dit en préambule, je suis rentré comblé de bons souvenirs de la voie de Vézelay.
"Tout est si merveilleux que l’on craint parfois que tout cet entendement autour du chemin de Saint-Jacques, trouve à terme ses limites. Tous ceux qui veulent, à divers titres, sauvegarder cette éthique ne sont pas dupes et s’inquiètent parfois de voir roder les inévitables tentations mercantiles.
J’ai apprécié bien sûr le confort qui m’a été offert, mais trop de confort risque à mon avis de faire évoluer le chemin vers une forme de tourisme bon marché. Ce qui est je pense plus ou moins le cas en certains endroits du Camino espagnol.
Difficile aussi de canaliser les faux et les vrais pèlerins. Sans jouer à plus pèlerin que moi tu meurs, il faut quand même reconnaître que l’on en rencontre dans tous les genres dans la sierra de Castille et de Navarre et surtout en Galice à l’arrivée… En France, moins.
Des qui ont un fourgon pour porter les bagages ! Des qui sont en voiture et qui la planque pour faire croire qu’ils sont venus à pied et qui envahissent tout le refuge avant l’arrivée des malheureux qui ont traîné leurs croix (leurs sacs) comme des bagnards. et je ne parle pas des cyclistes - je sais que je suis inconditionnel sur le registre mais pour moi le pèlerinage c’est à pied - excusez-moi d’être aussi catégorique, intransigeant, intolérant… mais je pense que l’essence même de cette expérience humaine passe par cette mortification que seule produit la marche. - je ne crois pas que les cyclistes puissent se sentir en osmose avec les marcheurs de tous acabits - d’ailleurs en Espagne la règle veut qu’ils n’accèdent aux refuges qu’après l’arrivée du dernier pèlerin à pied - souvent vers 20 heures
… Soyez vigilants, vous gens d’association- soyons tous vigilants - pour sauvegarder ce patrimoine. Nous vivons dans un monde où tout s’achète - au point que parfois le bénévolat est devenu pour certains un comportement douteux voir anormal ! J’en fais l’expérience dans ma vie associative de tous les jours. J’ai donné beaucoup dans les domaines sportif, culturel et philanthropique, depuis une trentaine d’années mais, sans être pessimiste outre mesure, cela n’a jamais été comme maintenant. Pèlerin, bénévoles, désintéressés, on a un peu perdu la valeur et le symbole de ces mots.
Aussi croyez-moi, le peu que l’on vit d’authentique à ce niveau-là, sur le Chemin de Compostelle, vous réconcilie avec la nature humaine, vous permet de croire encore en l’homme faute de croire à autre chose et c’est vous, gens des associations jacquaires, qui rendez cette chose possible par votre action - et cela est important - dans l’époque que nous vivons.
"Personnellement - tout simplement - je vous tire mon chapeau bien bas…
Amicalement vôtre.
J., Pèlerin parmi tant d’autres.