Nous sommes heureux, mon épouse et moi-même, de recevoir des convives à dîner qui ont souvent plein d’anecdotes à nous conter et nous font voyager avec eux dans des pays parfois lointains.
par le Docteur Louis Thibaudin, accueillant
L’Ane du Pèlerin
Des frontières de la BelgiqueNous arrive, un peu magiqueEn notre bourg berrichon,Un trotte-menu Cadichon.Il ne tient plus guère la formeEn arrivant rue des Ormes,Sous la charge il ploie les reins,En suivant son pèlerin,Un blond du nord athlétiqueAux manières sympathiquesContant, sans faire le vantard,Ses succès et avatars.Au pré du vétérinaireNotre âne retrouve son bon air,Gentiment croquignoletDans une herbe à serpolet.Et demain, dans la froidureD’un printemps maussade qui dure,Il reprendra son train-trainAvec son grand pèlerin.Sur la route de CompostellePuisse, des pièges accidentels,Le bon Saint Jacques éloignerCe doux âne et son ânier.25 mai 2006 - Ludovicus
Le Bon Père
Ce costaud à barbe blancheArrivant de Vézelay,Avec rires en avalanche,Des impressionnants mollets,Une gueule fort débonnaireEt des biceps colossaux,C’était un Père MissionnaireVenu du Mato Grosso,Un petit coin de planèteAu nord-ouest du Brésil,Du 35 sur la binettePlutôt que froid et grésil.Il venait de son IrlandePays où il était né,A travers collines et landes,Loin des chemins goudronnés.Puis ayant passé la MancheEt débarqué à Cherbourg,En cette veille de dimancheIl était dans notre bourg.Ce jour là, la caniculeRemplaçait d’un coup l’hiver,On dîna au crépusculeDans le jardin encore vert.Il connaissait plusieurs languesDont bien sûr le portugais,Quand il contait ses haranguesNous nous sentions plutôt gais !De toutes ses gentillesses, celleQui nous toucha fort, ce futDe vouloir faire la vaisselleMalgré d’abord nos refus.Il repartit à la fraîcheAprès le chaud des adieux,Petit Jésus de la crèche,Protégez cet homme de Dieu.Juin 2006 - Ludo
Cadichonne
Sur le chemin de CompostelleTrois pèlerines composent-ellesEn leur jeune âge, assurémentUn tableautin des plus charmants,Et lorsqu’une fringante ânesseTrotte d’un pas tout en finesseA leur côté, c’est du piquantQui réjouit bien des cœurs, et quandEn fin d’étape c’est la pause,Un esprit imaginatif supposeQu’elle pourrait donner du bon laitComme jadis, quand brinquebalaitLa litière où, sur ses domaines,Poppée, impératrice romaine,Avec délices se préparaitA se plonger dans le bain fraisFormé du lait de cent ânessesQui lui maintenait sa jeunesse…Sur la route de Santiago,Puisse un rimeur aux madrigauxAssez souvent d’humeur rieuseLa leur entretenir joyeuse …Et qu’elles gardent jusqu’à la finDe leurs vertus le doux parfum.En ce neuf du mois d’août 2006 - Ludovicus
Pèlerin de souffrances
Il nous dit que sur la pierrailleIl sautille comme un vif oiseauMalgré un kilo de ferrailleVissée sur ses malheureux os.Sur une voie autoroutière,Par un tas d’acier enserréeSa pauvre carcasse tout entièreDut être désincarcérée,A cause d’un chauffard imbécile,Qui largement pris de boisson,Trouva agréable et facileDe lui faire une queue de poisson.L’ambulancier crut à cette heureQu’il passait de vie à trépas,Mais non ! Un excellent docteurLe sortit de ce mauvais pas.Au plus profond de sa misère,Il jura que s’il s’en tirait,En égrenant son Saint RosaireJusqu’à Compostelle il irait.Il eut bien du mal à s’y mettreMais c’est gagné pour l’essentiel,Il abat ses trente kilomètresChaque jour en remerciant le ciel.Il boite, il penche, parfois il verseEn se traitant de vieux connard,Quand sur la boue il pleut à verseIl marche en crabe ou en canard.Malgré les obstacles, il s’entêteEt finit parfois épuisé,Tout se déroule dans la têtePour un polytraumatisé.Et nous …l’écoutons en silenceRaconter son chemin de croix,Un handicapé qui se lanceEn telle aventure est un Roi.Mai 2006 - Ludovicus
Un pèlerin Venu de Paris
Par un hasard providentiel,Comme s’il était tombé du cielC’est dans la cour du presbytèreOù il attendait solitaire,Qu’une paroissienne le trouvaEt que chez nous il arriva.Il étudiait à la SorbonneOù l’atmosphère n’était pas bonneA cause du trop fameux ContratPremière embauche et … patatras !Par les grévistes furent occultéesLes portes de la Faculté,Plus de cours de philosophie.Lors, il se lança un défi :Endosser un sac à bretellesEt s’en aller à CompostelleEn démarrant de la banlieuePour une multitude de lieuesAllant de collines en plainesAvec, pour Sainte MadeleineEn sa bonne ville de Vézelay,Un petit bonjour s’il vous plait,Et c’est ainsi qu’il atterritUn soir à Baugy en Berry…Nous le reçûmes avec bonheurUn peu avant vingt et une heuresEt nous comblâmes son ventre creuxAvec une omelette à quatre œufs,Tomates, fromages, pommes sautées,Et friandises chocolatées,Qu’avec un appétit voraceIl finit sans laisser de trace,Avant bien vite d’aller trouverRepos dans un doux lit rêvé…Il se montra gentil causeurEt tout le restant de ses heuresFut consacré pour l’essentielA bavarder avec le cielGrâce à sa Bible petit format,Si bien que l’âme et l’estomacAinsi sublimement comblés,Ayant ses forces rassemblé,Il nous quitta …mais il se peutQu’en nos cœurs, il nous reste un peu.A Baugy le 3 mai 2006 - Ludovicus
Nous les Hôtes « bon chic, bon genre »
Avec sa croix pectoraleEt ses phrases doctorales,Citant Job et JérémieIl semble être votre ami.Mais quel drôle d’énergumèneNotre Seigneur nous amène !Je suis « Jean dans le désert »Ajoute-t-il d’un ton disert.Croque-t-il des sauterelles ?Non, mais nous cherche querelleAu fait que nos prestationsSont à base de sélection.-* Vous êtes un peu imbécilesDe dire aux « Sans Domicile »On ne prend que les meilleursAller vous faire voir ailleurs.Moi, j’ai bien mon crédencialMais, c’est la le point crucial,Sans ce fameux passe-partout,Pour vous on est rien du tout. -N’est-t-il pas un peu maladeDe sortir cette engueulade ?Pèlerines et pèlerinsNe mènent pas tous grand train.Sans être des pros de l’erranceIls ont leur lot de souffrances,Des divorces, des deuils voire pis,Quelques chimiothérapies.Alors point de cette censure,On va vous loger pour sûr,C’est pas vraiment qu’on y tientMais c’est devoir de chrétien.Baugy le 16 septembre 2006 - Ludovicus
Le pèlerin de compostelle
Au lever du soleil, il part, le pèlerinChargé de son barda, le bourdon a la main.Il sait qu’il lui faudra bien des jours et des jour,Avant de parvenir au terme du parcours !Que ce soit à cheval, à pied ou à véloIl est long le chemin qui mène a Santiago !Bien armé de courage, il va, le pèlerinBravant les éléments, les dangers du chemin,Ne craignant ni la pluie, ni le soleil brûlantSoutenu par la foi, l’énergie du croyant.Que ce soit à cheval, à pied ou à vélo,Il est dur le chemin qui mène a Santiago !Sur sa route, en passant, il voit, le pèlerin,De belles cathédrales, des vestiges romainsDes vallées, mesetas, et sierras désertiques,Des nids sur les clochers et des pueblos antiques.Que ce soit à cheval, à pied ou à vélo,Il est beau le chemin qui mène a Santiago !Cheminant, solitaire, il prie, le pèlerin,Songeant à son passé, à sa vie, son destin.Pendant de longues heures, il peut, tout a loisir,Méditer sur son sort, penser à l’avenir.Que ce soit à cheval, à pied ou à vélo,Il est valorisant d’aller a Santiago !A l’étape il côtoie les autres pèlerins,Tous ayant mis leurs pas sur le même chemin,De toutes conditions, de tous les continents,Tous unis par la foi, les mêmes sentiments.Que ce soit à cheval, à pied ou a vélo,Il est enrichissant d’aller a Santiago !Lorsqu’enfin, tout fourbu, il peut, le pèlerin,Approcher, à genoux, les reliques du Saint,Réciter ses prières, et lui offrir son cœur,Il est tout près du Ciel, submergé de bonheur.Qu’on y aille a cheval, a pied ou a vélo,Béni soit le chemin qui mène a Santiago !Janvier 2010 - D. Deloi
Que l’Amour vous guide en chemin !
Qui que vous soyez, agnostiques,Chrétiens peu doués ou mystiques,A vous, les chercheurs d’absoluEn route pour Compostelle, salut !Désencombrés de ces gadgetsQue l’on consomme et que l’on jette,N’ayant de moteurs que vos piedsMême s’ils sont parfois estropiés…Sur notre intoxiquée planètePillée par tant de malhonnêtes,Vous êtes par vos humbles moyensDe gentils écocitoyens,Amis de l’abeille ouvrière,De la fleur bleue sous la barrière,Du papillon en vent coulisEt du petit oiseau joli.Piétons discrets au cœur sensible,Ébaucheurs d’avenir possiblePour nos enfants d’après-demain,Que l’amour vous guide en chemin !Baugy le 19 janvier 2010 - Ludovicus